La ou il y a Volonté, il y a chemin

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La ou il y a Volonté, il y a chemin

Message par GaryMountain le Dim 4 Fév - 16:21

22h
faut essayer de dormir quand même un peu... Reveil à 3h40, pas vraiment les meilleurs conditions pour trouver le sommeil...
Je repense à l'approche, à la voie envisagée, à la descente... Je tourne et retourne sans trouver le sommeil. Finalement je regarde mon réveil : 3h02. Bon je ne vais pas m'endormir pour 30min, aller il est temps de se lever, même sans trouver le sommeil le corps se repose un peu. 

4h10
"ça va Théo t'as un peu dormi"
" ouai non pas trop"
"moi aussi..."
On part rejoindre Loïc au parking de Castagnier, le classique point de rendez vous pour aller en montagne. 
On embarque direction la Gordolasque. 

6h
Début de la marche, on travers le pont de Contet. Le grand Capelet est visible sous la pleine lune, sa silhouette à la fois massive et élégante se dresse dans le ciel étoilé. 
Le seul chemin que je suis capable de retrouver de nuit sans trop me pommer est l'approche directe qui passe par les combes et altiplano dans l'axe de la face. 

7h10,

on a passé la foret et rejoint le premier altiplano, la neige est assez mauvaise en raquette c'est pénible. Loïc me relais pour faire la trace et la, miracle, on arrive sur une pente de neige dure. la montée est encore plus facile qu'en été ! On monte rapidement jusqu'au 2ème altiplano puis le 3ème qui mène à la combe du grand Capelet. 


La face Ouest apparait enfin ! Elle parait si près mais est en fait encore loin


Mon appareil photo a froid, la batterie souffre et il ne s'allume plus. Je souffle dessus pour le rechauffer ce qui explique la buée sur les photos. 



9h
Au pied de la face, on découvre que la ligne qu'on voulait grimper présente une grosse coulée de glace. C'est à ce moment la que l'excitation de grimper devient plus forte que la peur et l'interrogation.

ça a l'air majeur, la goulotte est très bien dessinée. Il semble y avoir une longueur de mixte raide pour rejoindre la glace. 

Comme toujours, d'en bas c'est difficile de se faire une idée... On se rend quand même compte que l'affaire risque d'être plutôt poilue. 

9h40
Je m'engage dans la première longueur. Beaucoup plus raide que ce que je pensais, les prises sont peu ou pas crochetantes avec peu de fissures pour protéger. Je grimpe 15m, concentré, ça déroule encore. Je peux mettre deux excellents friends dans une grosse écaille. 
Puis une traversée sur la droite franchement difficile avec un rétablissement pénible. Je commence à être loin des dernières protections. Je vois une fissure qui semble correcte où je pourrais faire relais 10m au dessus; Le problème, un bombé me sépare d'elle et aucune protection correcte n'est possible... 
Dans ces moments la où on ne peut faire machine arrière, il faut mettre le cerveau en mode off et juste se concentrer sur chaque mouvement. 
Le mixte, qui est parfois bourrin, devient fin et élégant. Calculer, penser l'équilibre de son corps, la force qu'on peut exercer sur chaque ancrage. l'adhérence des monopointes sur le fin plaquage de glace.... J'avance doucement. Je passe le bombé au mieux en serrant les piolets comme jamais et en limitant le plus que possible les mouvements de lame qui pourrait provoquer un désancrage. Finalement 1m50 au dessus du crux je peux mettre un excellent n°3. Je respire enfin... 


Théo dans le bombé, seulement 30m mais ça ne manque pas d'ambiance


Faut pas trop retourner la tête quand même. Le relais est suspendu. 
Pour protéger ce relais, j'ai encore grimpé 5m pour mettre un excellent point de revois, c'est vital pour la suite. 



Loïc aux prises dans le crux, il porte mon sac ce qui rend très pénible l'escalade en dévers.



Ambiance de malade...

Je ne compte plus l'heure, on a mit du temps dans cette longueur. 
L2 semble un peu plus déroulante. D'abord un passage raide avec une coulée de glace de 10/15m puis enfin je peux mettre deux excellents friends sous un surplomb. Une fois passé, il donne accès à une magnifique goulotte raide suspendue au dessus du vide de 10m de haut. Je trouve un piton, sans doute l'ancienne voie Cessole passait par là. 

Je n'ai malheureusement pas de photo de cette longueur suite à un problème avec l'appareil.


On prend ensuite pied dans un couloir, au pied d'une nouvelle goulotte beaucoup moins raide de 45/50m de haut bien englacée. 
Enfin l'escalade déroule vraiment, c'est du III+ en glace, très très joli !


On arrive dans le couloir de sorti, il reste 250m jusqu'à l'arête. l'ambiance derrière est démentielle. 



Théo trace dans le couloir, le temps tourne au brouillard, pour l'instant ça nous amuse encore, ça rajoute une certaine ambiance...


Après avoir rejoint les plaques mortuaires puis la courte arête, on arrive au sommet ! Petite pause bien méritée, il est 17h30 (ah ouai quand même !!). Théo sort l'habituelle gaufre au miel plus que bien méritée !  aer

Bon descente... Ok je connais cette descente jusqu'au refuge de Nice... Sauf que c'est jour blanc, le brouillard et la neige nous empeche de voir à plus de 5m. On descend au mieux en essayant de suivre l'arête. Finalement on tombe au pas de la Barre Claus. Je reconnais le fameux cochon tire lire sur la barre rocheuse.


Photo faite cet été lors de l'ouverture du Pilier du Crépuscule de cette fameuse tire lire. 

Evidement on se perd sur la descente vers la vallée des Merveilles, on arrive en haut d'une barre rocheuse... Fatigués tous les 3 , on décide de descendre par le couloir de la Barre Claus, le seul endroit où je suis à peu près sur de ne pas me planter même sans rien voir. 
De toute façon, les secours ne pourraient pas venir dans ces conditions. On a encore de l'énergie, de la bouffe, de l'eau, on peut tenter une descente.

On descend tous les 3 encordés courts dans ce couloir. Le vent glacial souffle sur nos visage et gèle la moustache et les cils.
c'est très impressionnant de descendre un couloir de 50° sans rien à voir dans le noir complet. 
Loïc en tête trouve la descente dans le couloir, c'est le genre de mec qui sait garder son calme et son sourire même dans les pires moments ! Le genre de gars qu'il faut avoir en montagne avec soi pour aller faire des trucs difficiles. 

Soudain, le couloir s'élargi et se couche... La brume se dissipe, je reconnais le bas de la barre Clause. On y est les gars...

On descend encore le vallon des Conques, et finalement, par chance, on retombe sur nos pas. 
Il est 21h, on fait la 2ème pause de la journée. 

Plus qu'une heure de descente rapide et on est à voiture à 22h15. 


Voila le topo de cette voie magnifique qui restera un grand moment de ma vie. Merci les gars pour cette belle aventure, je suis heureux d'avoir des copains pareil sur qui on peut compter dans la difficulté. Malgré la descente pénible ça reste une sortie exceptionnelle ! 
Je comprend vraiment que même sur un sommet qu'on connait, des mauvaises conditions peuvent rendre bien difficile la descente et qu'il faut rester concentrer jusqu'au bout. 
Je crois que de ma vie je ne me suis jamais mis une drash pareil pourtant j'aime bien me mettre la mission en montagne. 
Toujours surpris de voir ce que le corps humain peut endurer sans broncher.

Ce n'est probablement pas une ouverture, sauf peut être pour L1. La goulotte est évidente. 
On propose de la nommer "La où il y a Volonté, il y a Chemin", une citation de l'excellent Gaston, tous les 3 sommes des grands fans. 

à bientôt !! 

Gary

La super vidéo faite par Loïc malgré mes prises de mauvaises qualité =)
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