Méridien Vésubie : Chapitre 4 et 5

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Méridien Vésubie : Chapitre 4 et 5

Message par GaryMountain le Ven 21 Juil - 14:12

Voila donc les deux derniers chapitre

Chapitre 4 : La Cougourde

Enfin une bonne nuit de sommeil dans un bon lit au refuge de la Madone. On a été très bien accueillis par Patrick toujours aussi sympa. On avait laissé un sac rempli de nourriture à la Madone histoire de partir plus léger pour les premiers jours. Les sacs sont donc bien chargés au départ du refuge, je dois être proche des 18 ou 19kg. La montée jusqu'au Pas des Ladres est assez pénible malgré le dénivelé raisonnable.

La vue sur la grande arête intégrale


Ensuite on descend vers Trecolpas le beau lac où plein de campeurs se réveillent.
On rejoint enfin le refuge de la Cougourde où on ne garde que l'essentiel pour grimper et on peut partir léger pour grimper !

Deux cordées sont en approche de la face ouest devant nous... Demenge ou Directissime à la 3? Les classiques de la Cougourde ... Peu de chance qu'ils décident de faire la voie de la Toussaint que nous avions prévu de grimper.

Effectivement, les deux cordées s'engagent dans la Directissime à la 3. On les rejoint donc au pied de la face puisque La Toussaint commence juste à droite dans la même dalle blanche au gneiss sculpté parfait.


L1 déroule, en IV+ sur ce beau gneiss, seulement 3 points d'assurage(on doit surement pourvoir glisser un ou deux petits camalots je pense) mais une escalade toujours sur les pieds pas vraiment difficile. 
R1 se trouve un peu plus haut dans un petit dièdre. 

Pour L2, je ne trouve pas le relais sur pitons qui est sensé être à 25m. Je continue jusqu'aux grands vires herbeuses et je construis un relais plus confortable dans une bonne fissure. Finalement c'est juste au pied du grand dièdre noir où remonte L3, L4 et L5. Mon erreur nous profite donc puisqu'on s'évite un gros tirage pour L3.

J'ai quand même un doute d'être dans la bonne voie, en effet à partir de la il n'y a plus d'équipement, ni piton ni spit. R3 est sensé être sur un spit + un coinceur. Je suis rassuré quand je trouve le spit, c'est super on est bon !

L4 déroule, c'est logique on remonte toujours dans le dièdre noir jusque sous un gros surplomb. Le gneiss est hyper sculpté, offre des bonnes prises de pieds et de mains qui permettent une escalade élégante. 

R4 sur friends
 
Je n'ai qu'un jeu de Friends, il faut donc économiser les protections dans les longueurs pour avoir de quoi faire les relais. ça suffit très bien avec un peu de marge mais si on veut vraiment bien protéger régulièrement et réduire l'engagement deux jeux me paraissent nécessaire.


L5 est impressionnante. On clippe un spit sous le toit (je n'ai pas compris pourquoi il est la d'ailleurs) puis on redescend légèrement en traversant à droite pour contourner le gros surplomb. Un pas de Vsup, mais bien protégeable. On continue dans le dièdre et on en sort sur une petite vire dans une dalle. Relais possible 2m au dessus dans une petite fissure avec 3 camalots. J'ai rajouté un piton je ne pense pas qu'il soit assez bon pour se pendre dessus, mais ça permet d'assurer le petit pas d'escalade pour rejoindre la petite fissure de R5.

 
L6 est une dalle plus facile en III mais difficilement protégeable. J'ai trouvé une fissure correcte en ascendance à gauche à 20m environ du relais. puis plus rien jusqu'à la vire du Z où on retrouve un relais chainé de Galaad. Ces relais ont vraiment une sale gueule je pense qu'ils ne tiendront pas plus que 10 ou 15 ans encore, chaîne rouillée, spit rouillé, piton tordu...


L7 est, pour moi la plus belle longueur de la voie. Depuis R6 on a l'impression d'une dalle compacte et raide. Finalement, en grimpant en ascendance à droite en direction du grand dièdre déversant de L8, on trouve toujours d'excellentes petites fissures qui permettent de placer un très bon friend tous les 5 /6m. le rocher est encore parfait, ambiance au rendez vous et escalade aérienne rendent le moment inoubliable !


L8 est la longueur clé, en bon 6b, seulement 5 spits mais placés judicieusement. Il faut pas mal engager pour clipper le premier sur des prises pas toujours très franches. Ensuite ça déroule plutôt pas trop mal avec quelques mouvs en dulfer puis la sortie aussi est assez bloc. Des petites fissures permettent de compléter l'équipement en place
R8 aussi sur relais de Galaad sur une petite arête au dessus du dièdre


Pour entrer dans le dièdre, un pas en Dulfer pas mal déversant


à la sortie de la longueur, les bras fument un peu...

à partir de la, la paroi se couche, on continue 150m en corde tendue dans du terrain très facile. On double même une cordée de la directissime à la 3 et on arrivera juste quelques minutes avant eux. Deux gars très sympas avec qui on descendra ensemble  hi

Merci pour la photo les gars !

Le temps est très couvert mais il ne pleuvra pas... Heureusement ça aurait franchement compliquer les choses...


Un jeune bouquetin s'est égaré à la brèche de la Cime II à III. Ces animaux m'impressionneront toujours... 
Il n'est pas trop inquiet de nous voir arriver, il s'écarte sur une petite vire raide. J'ai juste peur qu'il nous balance des pierres, finalement ça ira.


très bon abri sous la descente en cas d'orage

Au refuge c'est grosse ambiance, on est a table avec un couple de grenoblois juste géniaux et 3 anglais qui nous offrent deux petites bouteilles de liqueur au herbes qui, je pense, débouchent mieux les tuyaux que le destop ! On a filmé le repas ça sera dans le film =)

J'adore les refuges, on rencontre toujours des gens supers, des vrais, des gens qui se content de ce qu'ils ont, qui savent profiter de la beauté de la nature, d'un bon repas, d'un lit correcte, d'une douche de 4minutes d'eau froide, d'un couché de soleil sur les montagnes. 
Bon courage à Carline pour ta grande traversée du Mercantour en solitaire malgré les tendinites ! on espère que tu as pu finir  aer


Quand j'aurai un peu plus de temps je ferai un topo plus précis de cette très belle voie pour éviter d'être parfois dans le doute comme nous même si au final la ligne est logique et on ne se verrait pas vraiment passer ailleurs que dans ce grand dièdre fissuré.

Chapitre 5 : Triangle

Nous voulions initialement faire l'Argentera, mais finalement au bout de 4 jours intense la fatigue se fait sentir et la journée d'approche avec les gros sacs pour rejoindre Remondino ne nous enchante pas. Je me suis fait mal au genou en descendant de la cougourde, les escaliers du refuge me sont pénible à monter et à descendre, j'ai franchement pas envie de me mettre la misère jusqu'au col Guillé. 

Je me réveille à 5h, aidé par le gars qui ronfle dans la chambre, je congite dans mon lit... que faire... 
On pourrait descendre vers le Boréon et remonter vers les vacheries des Erps pour rejoindre le triangle du Pelago, cette petite journée me parait plus raisonnable. 

Quelle voie? ça sera l'Envol du Destin, une voie que je ne connais pas et qui a l'air d'être un petit bijoux d'escalade montagne technique et fine.

On profite de la bonne météo annoncée pour se lever tard, 7h30 ça fait du bien même si je suis réveillé depuis plus tôt...
Bon petit dej, on commence la descente. 

On dépose de nouveau les affaires dans la foret vers les vacheries des Erps (très belle rando d'ailleurs même sans grimper c'est un coin magnifique) et on remonte vers le triangle

Même sans sac, c'est fatiguant de monter dans les pierriers de la face Ouest.



l'escalade commence après un petit couloir, dans un mur raide et un petit dièdre. Les spits sont rouillés, on ne les voit qu'au dernier moment. L'escalade est fine et technique effectivement, le topo ne mentait pas; Malgré l'espacement des points ça déroule plutôt pas mal. 6a+ pour cette première longueur, oui je suis d'accord. La fin est vachement engagée sous le relais, à 6/7m du dernier point.


L2 : on commence par une dalle fine, la difficulté augmente plus on se rapproche du petit toit, les prises deviennent fine fine fine, les pieds en adhérence. gros pas pour passer le toit, ça passe en balançant un pied gauche très haut au dessus du toit, les deux mains sur des arquées et transférant le poids vers le pied gauche pour chopper enfin une prise crochetante (je ne sais pas si on peut imaginer le mouvement). heureusement ce pas est très bien protégé. c'est surement plus que 6b.


L3 : dalle plus facile, sauf que 4 spits pour 40m ça fait de l'air et encore de l'air. J'ai pas trouvé le dernier spit, je suis aller rejoindre une fissure à gauche pour protéger un peu avant de rejoindre le relais. En fait le spit est bien dans l'axe des autres, 4m sous le relais. 

L4 : On passe un angle, on remonte dans une super fissure à verrou de main facile V+ puis un reta en 6b assez fin et on rejoint R4 sur une très bonne terrasse. Cette longueur déroule aussi pas mal.


L5 : dernière longueur, le rocher est un peu cassant pas endroit mais bonnes prises tout le long. V+ aussi. Ambiance dans la brume !! Il fait presque frais

On a rééquipé quelques cordelettes de relais qui commençaient à tirer la gueule. Merci aussi à la cordée de l'éperon Nord Ouest pour avoir rééquipé R2. 

Après une bonne nuit dans la vacherie des Erps (mais chute c'est interdit !! confidentielle Denali Sud) elle a été rénovée. 

Et c'est ainsi que l'on rejoint le Boréon le lendemain matin, la vie réelle (mais est ce bien celle la la vie réelle ou bien est-ce la montagne?), les bagnoles, les maisons, les hommes...


Descendus en stop par le gardien du refuge de la Cougourde ! Merci à lui !!


Merci de nous avoir suivi dans cette aventure !! à bientôt pour le film qui sera aussi présenté le 10 Novembre lors d'une soirée du CAF au Parc Phoenix (si tout se passe bien) je remettrai les info sur le forum quand ça sera plus officiel.
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GaryMountain

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